Projet INRP
Education à l'environnement pour un développement durable

Equipe Rhone-Alpes
Changement climatique et énergie
Mesures d'atténuation et d'adaptation

LES MOTS DU DEVELOPPEMENT DURABLE

"Les uns crient à la catastrophe planétaire si nous persévérons dans nos modes de vie et de production, les autres à la catastrophe économique si nous cherchons tant soit peu à les modifier. Qui faut-il croire ? Nous pouvons dégager un certain nombre de réalités, de faits bien établis, nous pouvons identifier de multiples risques réels, risques qui s'échelonnent de la quasi-certitude à la fantasmogorie catastrophiste et au cauchemar. Il ne s'agit pas d'un exercice purement spéculatif, car nous savons que nos actions affectent déjà la planète dans son ensemble, et que nos choix d'agir (ou de ne pas agir) au cours des prochaines années vont en partie façonner notre avenir. Nous restons entourés d'incertitudes, et nous ne pourrons guère espérer les éliminer toutes, même si nous pouvons compter sur de fortes avancées dans nos connaissances. Il faut néanmoins donner un contenu concret à ce qui est appelé le "principe de précaution", peser le certain, le probable et l'improbable, et savoir rejeter les fantasmes sans pour autant écarter l'éventualité improbable mais totalement inaceptable."
Robert KANDEL (réd. 2004) Le réchauffement climatique, le grand risque, Edition PUF, Paris, "Que Sais-je ?".


DEVELOPPEMENT DURABLE
voir aussi notre dossier "La notion de développement durable"

D
ans un sens premier, développement signifie dérouler, déployer mais au sens organiciste le développement signifie davantage la croissance, l'essor, la maturité, un stade supérieur de croissance atteint, l'épanouissement (différent de l'idée de progrès).
Durable signifie : constant, permanent, stable, mais aussi profond, solide ou encore viable, vivant, vif et plus enraciné, persistant, tenace.
Il semble que la notion de développement durable est polysémique. Il peut s'agir d'une croissance visant à préserver notre écosystème, à le maintenir viable, vivant. Il peut s'agir d'une politique de croissance, d'épanouissement dans une logique de durée, d'enracinement , d'une logique de développement dans une logique de constance, de permanence.
Pour un économiste, un écologiste, un homme politique français et un homme politique américain, le terme de développement durable n'aura donc pas la même signification. La notion apparaît suffisamment floue pour être utilisée notamment politiquement dans de nombreux complexes et pour des objectifs différents (exemple : "Ministère de l'écologie et du développement durable".

Le développement durable peut être défini comme un « modèle de développement économique et social visant à assurer la pérennité du patrimoine naturel de la Terre » (encyclopédie Encarta 2003) ou encore comme un « mode de développement veillant au respect de l’environnement par une utilisation raisonnée des ressources naturelles afin de les ménager à long terme» (Petit Larousse 2004).

Petite réflexion sur l’historique du concept...
Le terme de développement durable a son origine (d’un point de vue plus linguistique que politique) dans la sylviculture prussienne du XVIIIième siècle. Selon ce concept, l’exploitation des ressources naturelles doit veiller à la durabilité de la qualité et de la quantité des rendements agricoles et forestiers.
Dans les années cinquante le développement signifie la croissance et a surtout un sens économique.
Depuis le rapport Bruntdland (1987) où le développement durable est défini comme « un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs » la définition s’est enrichie avec, entre autre, le premier principe de la déclaration de Rio (1992) « Les êtres humains sont au centre des préoccupations relatives au développement durable ».
Le développement durable correspond donc à un processus de développement qui concilie l’écologique, l’économique et le social : c’est un développement économiquement efficace, socialement équitable et écologiquement soutenable.
Source : « Clés pour une éducation au développement durable » Bruno Riondet, Hachette éducation, ???.


Diagramme en fleur, document BRGM, 2003

ENVIRONNEMENT
voir aussi notre dossier "Définir l'environnement"

L'environnement est ce qui tourne autour de nous, ce qui agit sur nous, de virgo en latin (tourner), en allemand l'Umwelt. Le terme importé des Etats Unis depuis les années 60 pourrait avoir comme synonyme français le terme de milieu. Ainsi, on pourra distinguer, l'environnement dans un sens étroit, c'est-à-dire l'environnement naturel (eaux, air, végétation, sols, relief,...). L'approche est ici proche du domaine de l'écologie.
Au sens large du terme, l'environnement comporte des éléments naturels mais aussi des éléments matériels, humains, des activités, des flux, des cultures, des institutions, des relations. On peut considérer que c'est tout ce qui nous entoure, un système complexe qui s'analyse à plusieurs échelles de temps et d'espace. L'environnement appelle une pensée systémique de l'espace, des lieux, des territoires.
Sources :
- dictionnaire Le Nouveau Petit Robert, 1994
- Roger BRUNET, les Mots de la géographie, dictionnaire critique, Reclus, la Documentation Française, septembre 1993, 518 p.

L’environnement peut être défini comme l’ensemble des caractéristiques physiques, chimiques et biologiques des écosystèmes plus ou moins modifiés par l’homme (encyclopédie Encarta 2003). Dans ce cas il conviendrait de définir ce qu’on entend par écosystème. En s'appuyant sur la définition du Petit Larousse 2004, l’environnement représente l’ensemble des éléments physiques, chimiques et biologiques, naturels et artificiels qui entourent un être humain et un être vivant en général.

Petite réflexion sur l’historique du concept...
Le mot environnement vient de « virgo » tourner autour et remonte au XVIième siècle. Vidal de Blache (1856-1918) géographe français, l’impose au 1921 en tant que terme technique de la géographie scientifique. Il assure que « l’être géographique d’une contrée n’est point une chose donnée d’avance par la Nature, mais un produit de l’activité de l’homme. »
Ce mot est ensuite abandonné en France, il émigre aux Etats-Unis où il prend un sens plus large , il ne se rapporte plus seulement au milieu naturel mais également au milieu humain. Il revient en France dans les années soixante où il est considéré comme l’importation du mot « environment ». Le mot environnement ne désigne plus alors que « l’ensemble des conditions naturelles et culturelles susceptibles d’agir sur les organismes vivants et les activités humaines . » Le terme a perdu sa composante sociale aux Etats-Unis. Ce mot ne fera son entrée dans le Robert qu’en 1969 .
Source : « Eduquer à l’environnement » Pierre Giolitto – Maryse Clary Hachette éducation, ????.

Economie de l’environnement...
Branche de la science économique qui cherche à évaluer les coûts de la dégradation de l’environnement naturel, les coûts de la dépollution et de la préservation de la nature, et plus globalement, qui préconise des politiques environnementales efficaces. L’économie de l’environnement cherche à concilier l’économie et l’écologie :
- Comment produire sans détruire de manière irréversible les ressources naturelles ?
- Peut on évaluer monétairement tous les coûts de la nature ?
- Comment les internaliser ?
Source : C.D. Echaudemaison, Dictionnaire d’économie et de sciences sociales, 2003, éditions Nathan, pages p 136 137

MESURES D'ATTENUATION
"Atténuation" signifie diminuer, réduire, limiter le changement climatique bien que ce dernier soit irréversible. Dans notre thématique, cela peut comprendre donc toutes les mesures visant à limiter et réduire l'impact du changement climatique. Nous sommes actuellement en recherche de solutions qui visent à diminuer la production des gaz à effet de serre. Mais comment réduire l’émission de ces gaz ? L’atténuation concerne donc la réduction des causes de l’effet de serre (pour la part due à l’action de l’homme).

On peut grossièrement distinguer plusieurs logiques d'atténuation :

  • la logique anticipatrice "européenne" : lutte contre l’effet de serre, logique de prévention (le risque est " avéré "), ou du moins principe de précaution,
  • logique malthusienne : "catastrophisme"
  • logique collective : mobilisation générale

MESURES D'ADAPTATION
Si on part de l'idée que le changement climatique est irréversible, malgré des mesures d'atténuation, il est donc nécessaire de trouver des solutions visant à s'adapter, à "s'acclimater", à ajuster à la situation nouvelle. On peut ainsi parler de mesures d'adaptation. Mais la frontière entre atténuation et adapation semble perméable. En effet, l'atténuation n'est-elle pas déjà une mesure d'adaptation ?
En ce qui concerne l'aspect énergétique du problème du changement climatique, on pourra appeler adaptation tous les moyens mis en œuvre pour limiter les dégâts causés par un accroissement de l'effet de serre naturel ainsi que l’exploitation des possibilités nouvelles que ce réchauffement peut offrir (nouvelles zones de culture adaptées aux nouvelles conditions climatiques, utilisation de nouvelles voies de communication, transfert de populations…). Cependant, dans la mesure où nous avons encore beaucoup d’incertitudes sur comment cet effet de serre va modifier le climat des différentes régions de la planète, il est actuellemnt difficile de faire des prévisions précises à l'échelle régionale. Les mesures d’adaptation sont donc des mesures pour le long terme.

  • Aspects philosophiques
    (science, technique, industrie, homme, nature, environnement, culture, vérité, débats, idéologie, faits, valeurs,...)

INRP, Institut National de Recherche Pédagogique
Equipe Rhône-Alpes
, 16 mars, 2005