Master Recherche DDS : Didactique Des Sciences

UE3 Médiation des sciences et des techniques
Muriel GUEDJ et Benoît URGELLI
last up-date : 12 juin, 2018

Université Montpellier - Université Lyon 1 - ENS Lyon
Année 2017-2018

A Lyon et à Montpellier, les cours se déroulent dans les sites suivants :
Pour les M1 : Campus de la Doua - Univ Lyon et Campus Saint Priest de Montpellier : S1 : Jeudi 09h30-12h30 ; S2 : Jeudi 14h00-17h00
Pour les M2 : ENS de Lyon et Faculté d'Education de Montpellier : S3 : Mardi 14h00-17h00

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SEMESTRE 1 : Découverte des dispositifs, des acteurs et des pratiques

CONTENUS DE LA FORMATION

Cette UE est une découverte du champ de la médiation des sciences. Elle sera l’occasion de repérer quels sont les institutions et les acteurs intervenant dans ce champ, de définir la diversité des objectifs et des enjeux que se donne la médiation des sciences ainsi que son statut social. Au-delà elle sera l’occasion de s’intéresser aux différentes formes et dispositifs convoqués dans les processus de socio-diffusion des sciences et d’opérer un premier travail de caractérisation. Les mécanismes à l’œuvre dans le traitement des savoirs en contexte feront l’objet d’une première analyse. Enfin, une comparaison avec les dispositifs d’éducation formelle sera développée afin de dégager les spécificités de chacun.

L’UE propose également de circonscrire des terrains d’étude et de recherches prenant pour objet la médiation des sciences. On pointera ici l’apport spécifique des recherches croisées en didactique des sciences et sciences de la communication, dont le positionnement et la complémentarité avec les autres domaines de recherche seront dégagés.

PLANNING DES TD DU SEMESTRE 1  - 2017-2018
10 créneaux TD de 3h

Semaine
Salle
Jeudi 09h30-12h30

Titre du cours de M1

Nom de l'intervenant
25-29 septembre 2017
 
Présentation de l’UE + SNCSTI
M. GUEDJ
02-06 octobre 2017
 
Présentation des institutions de médiation :
objets, enjeux et statuts, comparaison
C. SCHWEYER
09-13 octobre 2017
 
Les grands modèles de communication des sciences
 B. URGELLI
16-20 octobre 2017
 

Les grands modèles de communication des sciences

M. GUEDJ
23 - 27 octobre 2017
 
De la médiation à la médialisation des sciences :
implications pour l'école
B. URGELLI
 
06-10 novembre 2017
 
Chercheurs et citoyens : la plateforme collaborative
lieu de médiation scientifique ?
C. BOUKACEM

13-17 novembre 2017

 
titre à préciser
Thierry BRASSAC
20-24 novembre 2017
 
Les terrains de recherche de la médiation : education formelle et informelle
M. GUEDJ
27 novembre - 01 décembre 2017
 
titre à préciser
Nicolas PELAY
04-08 décembre 2017
 
titre à préciser
Nicolas PELAY
       


MODALITES D'EVALUATION M1
Année 2017-2018

Dossier en deux parties : 1. Analyse critique, argumentée et documentée d’un dispositif de médiation blog/site (publics visés, acteurs engagés, représentations véhiculées des sciences et des relations sciences et société, fonctions sociales, missions et enjeux en lien avec la stratégie nationale de culture scientifique, technique et industrielle...). 2. Proposition d'une médiation à développer pour un public scolaire en précisant les questions préalables à l’élaboration d’une trame, la trame, les objectifs et le type de médiation. Travail à effectuer en binôme. Rendu attendu en pdf de 5000 signes environ, au plus tard le 15 janvier 2018. Envoi à benoit.urgelli@univ-lyon2.fr et muriel.guedj@umontpellier.fr. Consignes détaillées ici.

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SEMESTRE 2 : Perspectives historiques et contemporaines

CONTENUS DE LA FORMATION

Cette UE s’inscrit dans le prolongement de celle proposée au semestre 1.
On portera
d'abord un regard historique sur les pratiques de socio-diffusion des sciences en France et plus largement en Europe et en Amérique du Nord. On s'intéressera aux institutions (musées, centres sciences) et plus précisément à l’évolution de leur mission et de leurs relations à l'univers des sciences, et à la diversité des formes de diffusion qui ont émergé à partir du XIXè siècle et jusqu'à l'époque contemportaine (revues, encyclopédies, film, théâtre, web, blog, etc.).

On s’interrogera alors sur la signification des différentes terminologies apparues au cours du temps, en lien notamment avec le type d’ancrage sociétal de ces pratiques de socio-diffusion des sciences : popularisation des sciences, vulgarisation, communication scientifique publique, médiation des sciences, mise en culture de la science.

De là nous pourrons placer revenir sur l’apparition des grands courants de publicisation des sciences : le paradigme du 3ème Homme, du déficit model, du Public Understanding of Science (PUS), Public Understanding of Research (PUR), Sciences participatives et Public Engagement with Science.

Cette approche historique permet également un cadrage du concept de média élargi aux médias Web et aux réseaux socio-numériques. Les différents types de média seront définis : exposition et musée, parc zoologique, média télévisuels (séries, docu-fiction, JT…), éditions (livres, revues) ; jeu et outils du numérique. Il s’agira de privilégier une entrée par leurs fonctions. Plusieurs thématiques feront ici l’objet d’un traitement particulier : patrimonialisation des objets scientifiques et techniques, problématisation et modélisation via la mise en récit, prise en compte des questions sciences et société et participation des citoyens, etc.
Sur cette question des média et de leurs fonctions, les grands courants de recherche sur différentes thématiques seront présentés et analysés. Une complémentarité avec les approches didactiques sera proposée en lien avec l’utilisation des supports d’enseignement et d'apprentissage.

Ce travail sera mis en relation avec les productions développées en TER : il accompagnera la définition des problématiques de mémoire et les travaux d'analyse envisagés.

PLANNING DES TD DU SEMESTRE 2 - 2017-2018
10 créneaux TD de 3h

Salle UCB Lyon 1
Jeudi 14h00-17h00

Titre du cours de M1

Nom de l'intervenant
18 janvier 2018
Histoire de la Culture Scientifique et Technique
M. CHOUTEAU
25 janvier 2018
Institutions (musées, parcs, centres de sciences) et école :
évolution des missions et des relations avec la sphère scolaire
B. URGELLI
01 février 2018
Diversité historique des formes de diffusion des sciences et des techniques
popularisation, vulgarisation, communication, information, médiation
S. CORDONNIER
08 février 2018
Patrimonialisation des objets et histoire des sciences et techniques
M. GUEDJ
SEMINAIRE TER Lyon et Montpellier
 
01 mars 2018
Récits de sciences dans les musées
F. BELAEN
08 mars 2018
Musées et collections : objets de recherche
M. GUEDJ
15 mars 2018

Etudes de réceptions des discours scientifiques médiatisées :
A la recherche des publics

B. URGELLI
22 mars 2018
Place des profanes dans la construction des savoirs :
instruction publique, éducation, débat public, co-construction des savoirs
B. URGELLI
29 mars 2018
Mise en récit des sciences et des techniques : exemple des series télévisuelles
C. NGUYEN / M. CHOUTEAU
05 avril 2018
Production de récits à propos de sciences : exemple d'un dispositif ludique
E. BABUIN
     

MODALITES D'EVALUATION M1
Année 2017-2018

Dossier de présentation critique et argumentée de l'histoire et l'évolution d'une institution particulière de médiation scientifique (CCSTI, Musées, associations, etc...) : Type de dispositif, acteurs engagés, publics visés, fonction et engagement, évolution des missions (origine socio-historique, politique et conséquences structurelles), modèles de communication mobilisés, modèles de partenariats scientifiques et scolaires,... ) - 40.000 signes espaces compris, hors bibliographie et annexes. A rendre pour le 25 mai 2018

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SEMESTRE 3 : Méthodes de recherches en médiation
Entrées par thème et/ou par action

CONTENUS DE LA FORMATION

A partir d'études de cas, l’objectif de cet enseignement est d'approfondir la découverte des grands courants théoriques abordés en première année : le paradigme du 3ème Homme, du déficit model, du Public Understanding of Science (PUS), Public Understanding of Research (PUR) sciences participatives et Public Engagement with Science. Les concepts et méthodes liés à chacun de ces courants seront mis en rapport avec ceux développés dans les approches didactiques. Ce sera l’occasion de revisiter certains concepts didactiques (transposition, contrat, milieu) pour aborder des situations hybrides dans lesquels les champs de l’éducation formelle et non formelle se rencontrent (partenariat école-musée ou école-zoo par exemple). On s’intéressera également à des aspects sociologiques et anthropologiques de la médiation, et aux conditions sociales et techniques d’un partage et d’une démocratisation des savoirs scientifiques.

ANALYSE DE RECHERCHES EN MEDIATION DES SCIENCES PORTANT SUR DES ETUDES DE CAS

Une partie de la formation est organisée sous forme de séminaires de lecture pris en charge par petits groupes d’étudiants, sous la responsabilité d’un enseignant du master. Chaque séminaire est centré sur l’œuvre d’un auteur, (ou d’un groupe d’auteurs), chercheur (s) en médiation ou communication des sciences, représentant d’une école de pensée. Il permettra de dégager les spécificités (théoriques ou méthodologiques), la contribution et l’inscription dans le champ de cet auteur. Outre les spécificités disciplinaires des formes de médiation (en sciences de la vie, sciences de la terre, chimie, physiques, mathématiques), le travail s'ouvrira aux approches étrangères (Europe, Amérique du Nord, Amérique du Sud,...).

L’autre partie est conçue sous forme d’ateliers d’analyse de corpus de recherche et d'écriture. Dans ces ateliers, l’accent sera mis sur des éléments de méthode : terrain d’étude, outil de recueil et d’analyse des données, nature des données … Une mini-réplication de recherche peut être envisagée de façon à enrichir les données d’étude et/ou tester les outils méthodologiques.

ANALYSE DE CORPUS MEDIATIQUES

Pour répondre aux questions des enjeux des différentes formes de médiation scientifique comme de ses partis pris épistémologiques, ou de sa fonction sociale et des logiques d’énonciation ou de réception qui l’organisent, nous proposons un travail approfondi à partir d’études de cas reposant sur l’analyse de corpus médiatiques :
- Recherche et étude bibliographique
- Explicitation d’un cadre théorique et formulation d’un questionnement,
- Constitution de corpus centrés sur les modalités de médiation des sciences (presse, musées, journaux télévisés…), et / ou sur des thématiques scientifiques ou socioscientifiques, et / ou sur des moments ou des logiques médiatiques
- Construction collective critique de grilles d’analyse de ces corpus
- Propositions d’analyses

Compétences acquises
- Maîtriser les différentes méthodes permettant de conduire des recherches en Médiations des Sciences
- Mettre en œuvre des méthodes pour élaborer des corpus
- Maîtriser des outils d'observation et de communication
- Conduire une analyse d’articles issus de la littérature de recherche en les situant dans leurs contextes scientifiques.

PLANNING DES 5 CM et 8 TD DU SEMESTRE 3 - 2017-2018
5 créneaux CM et 8 créneaux TD, de 3h chacun

Salle ENS Lyon
Mardi - 14h00-17h00

Titre du cours de M2

Nom de l'intervenant
05 septembre 2017
Médiation scientifique et collections universitaires
M. GUEDJ
12 septembre 2017
Médiation scientifique dans les parcs zoologiques
B. URGELLI
19 septembre 2017
Ecrire à propos de sciences : exemple du site sciences pour tous
C. SCHWEYER
26 septembre 2017
Ecrire à propos de sciences : exemple du site sciences pour tous
C. SCHWEYER
03 octobre 2017
Analyse d'une situation de communication scientifique : l'exemple MT180
B. URGELLI
10 octobre 2017
Analyse de la médiatisation de controverses socioscientifiques :
le cas du réchauffement climatique
B. URGELLI
17 octobre 2017
Le jardin des plantes de Montpellier,
un patrimoine culturel à caractère scientifique - ANNULE
JM LANGE
24 octobre 2017
Caractéristiques des raisonnements socioscientifiques :
exemple de l'éducation aux questions environnementales socialement vives
O. MORIN
     
07 novembre 2017
Mediation scientifique et web-documentaire : le projet Atome Hotel
M. GUEDJ
14 novembre 2017
Médiatisation de controverses sur l'enseignement de l'évolution de l'Homme
B. URGELLI
21 novembre 2017
Journée d'étude à Montpellier (en images) :
1. Médiation scientifique et collections universitaires
(collections d'anatomie, exposition d'Alembert, herbiers et Jardin Botanique)
M. GUEDJ - B. URGELLI
28 novembre 2017
S. RIOU - C. DE ROUX
B. URGELLI - M. GUEDJ
05 décembre 2017
Médiation des sciences et discours de l'Open Science - ANNULE
C. BOUKACEM

MODALITES D'EVALUATION M2 2017-2018

Proposition d'une action de médiation à destination des scolaires, à partir des offres de culture scientifique et technique découvertes à Lyon ou à Montpellier les 21 et 28 novembre 2017. Consignes et grille d'évaluation disponibles ici.
Cette UE pourra également être évaluée par la réalisation et l'analyse d’un dossier scientifique complet d'une vingtaine de pages maximum sur une question de recherche en médiation des sciences et des techniques, en lien avec la recherche envisagée en S4..

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SEMESTRE 4
: Stage d'enquête et Mémoire de recherche

Consignes officielles de méthode pour l'année 2017-2018
Master Recherche (fichier pdf, 2 pages)

CONTENUS DE LAFORMATION

Le mémoire de recherche est un travail commun à tous les étudiants du M2 du master recherche. C’est l’aboutissement d’un travail de recherche original effectué dans un laboratoire de recherche et sur des terrains choisis par l'étudiant en accord avec son tuteur scientifique et pédagogique. En principe, ce travail s’effectue dans un des laboratoires impliqué dans la formation (S2HEP, LIRDEF, Elico) ; il peut cependant, si le sujet le justifie, se passer dans un autre laboratoire de recherche, comme un laboratoire de recherche en éducation comme ECP. Dans tous les cas, le travail sera suivi par un membre de l’équipe pédagogique du master DDS.

Format du mémoire : Le mémoire doit comprendre approximativement 40 à 75 pages pour un total de 120.000 à 225.000 signes, incluant la liste des références. Le texte doit être écrit en Times romans 12, interlignes simples, marges 2,5. Vous pouvez mettre en annexes les documents dont la lecture n'est pas indispensable à la compréhension du mémoire, mais qui permettent d'évaluer vos analyses.

Contenus du mémoire : Le mémoire doit contenir essentiellement de travaux de recherche originaux et ne doit pas être un document de synthèse relatant des travaux d’autres chercheurs. Sous une forme ou une autre, doivent donc être dégagés:
* la thèse : l’argument central que vous défendez dans votre mémoire et lors de votre soutenance (on le retrouvera clairement et directement dans le résumé).
* l’état de la recherche sur le sujet avant le début de celle-ci,
* la problématique et les objectifs,
* les cadres théoriques qui vous permettent de penser votre question de recherche et votre méthode d'enquête

* les choix de méthodes, leurs originalités, et leur limites,
* une réflexion sur ce qui a été fait et ce qui reste à faire, les limites de la méthode, des analyses, des interprétations, les biais probables du travail réalisé.

D’une manière générale et dans tout le mémoire, il faut distinguer clairement ce qui est rappelé pour la clarté de l’exposition, de ce qui est un apport novateur. Toutes les citations doivent renvoyer à une référence précise (y compris la page), répertoriée suivant les normes APA, par ordre alphabétique, à la fin du mémoire et avant les annexes. Soyez lucide vis-à-vis des différents types de sources (scientifique, médiatique, institutionnelle…). De façon générale, toutes les affirmations doivent être prouvées (comme si "l’avocat de la partie adverse" cherchait la faille dans votre enquête).

Style rédactionnel : vous trouverez ci-dessous deux exemples de style de rédaction scientifique, modeste et critique vis-à-vis de la recherche conduite par l'auteur. Ils montrent l'émergence d'une problématique progressivement reformulée, en fonction d'un état de l'art, de l'histoire des idées, de divers modèles explicatifs ou cadres théoriques parfois concurrents, et des hypothèses que l'on peut formuler face une énigme à résoudre. L'ensemble conduit alors à proposer une méthode d'investigation.

  • In Gérald Bronner, G. (2006). Une théorie de la naissance des rumeurs. Diogène 213(1), 108-111 :

Introduction et problématique [...] On commence à savoir un certain nombre de choses sur ce que l’on peut appeler la statique des croyances, c’est-à-dire la façon dont elles sont hiérarchisées, rendues approximativement cohérentes et dont elles se défendent face aux démentis de la réalité. On en sait beaucoup moins sur la question de la dynamique des croyances: comment se transforment-elles, comment disparaissent-elles ? On ne sait presque rien, enfin, sur la génération des croyances, c’est-à-dire sur leur processus d’émergence sur le marché cognitif. C’est en particulier vrai pour le phénomène de la rumeur, sur lequel je concentrerai mon attention [...] :
Pourquoi une rumeur naît-elle, à quoi ressemble son processus d’émergence, comment acquiert-elle une certaine stabilité
?
Les spécialistes de cette question font presque unanimement remarquer que les rumeurs ont une utilité sociale, qu’elles disent quelque chose de l’état de nos interrogations et de nos angoisses partagées, qu’elles sont une sorte de métalangage collectif. Cette thèse serait sans doute excessive si elle était généralisée, mais il est vrai que les rumeurs revêtent sous leur forme aboutie, si ce n’est toujours une fonction, du moins souvent une efficience sociale. De là, en convoquant l’ancienne maxime selon laquelle la fonction crée l’organe, pourrait-on croire l’énigme de l’émergence de la rumeur résolue : la naissance d’une rumeur viendrait de ce qu’elle aurait une utilité sociale, elle émergerait lorsque le besoin s’en ferait sentir.
Cette constatation, cependant, déplace l’énigme plutôt qu’elle ne propose de la résoudre. En effet, sans autre précaution, cette proposition recèle des difficultés théoriques redoutables. Ainsi, il s’agit de postuler que la génération d’une croyance est placée sous l’autorité d’une causalité téléologique : puisque au terme de sa constitution la rumeur est censée assumée une fonction sociale, c’est que quelque chose l’y fait tendre initialement. C’est la fin qui est ici la cause de l’origine du processus. Or, si le régime téléologique de la causalité est utilisé avec bonheur pour éclairer les actions et décisions d’individus doués de raison, sa mobilisation dans le cas présent est un peu incommode. En effet, on doit supposer que les croyances ont, en elles, dès leur naissance, une force qui les fait tendre vers ce qu’elles doivent devenir si leur destin est d’assumer une fonction sociale.
C’est un problème dont la nature intellectuelle n’est pas sans en rappeler un autre qui occupa un temps la biologie. En effet, de même que les rumeurs sont « adaptées » à leur environnement social, la vie, dans sa formidable diversité, est adaptée à son environnement (fonction de prédation, de protection, de reproduction, d’alimentation, etc.). Comment en rendre compte ?
L’histoire des idées a retenu deux figures emblématiques de ce débat en biologie : Darwin et Lamarck. Le second concevait que la nature était animée par un mystérieux « principe vital » qui faisait, par exemple, s’allonger, d’une génération à l’autre, le cou des girafes pour qu’il puisse servir une fonction biologique fondamentale : l’alimentation. On sait que Darwin proposa à l’énigme de l’adaptation des morphologies du vivant à l’environnement une solution beaucoup plus satisfaisante parce qu’elle ne se fondait sur aucune hypothèse ad hoc. Pour lui, les modifications biologiques survenaient aveuglément, sans aucune autre intention que celle du hasard, la cruelle sélection ne retenant que les formes aptes à survivre, par conséquent, l’observateur pouvait avoir l’illusion, comme Lamarck, que la formidable adaptation du vivant était la conséquence d’une mystérieuse force téléologique. Cette illusion ne tenait que pour autant qu’on était incapable de reconstruire le processus d’émergence et de modification de la vie.
C’est intellectuellement au point où nous en sommes avec la question de la rumeur.
Deux hypothèses virtuelles se proposent pour solutionner l’énigme de l’efficacité sociale de la rumeur. La première correspond, dans son esprit, à celle du lamarckisme en biologie. Elle considère que les objets sémantiques tendent vers une fonction sociale qui assure leur genèse, leur survie, donc leur diffusion, rôle que Jean-Baptiste de Monet, chevalier de Lamarck, attribuait à une mystérieuse force vitale, contenue dans toute vie, qui orientait l’évolution biologique. La deuxième, au contraire, est une position « darwinienne ». Elle affirme que c’est parce qu’un processus de sélection a déjà eu lieu au moment où l’observateur enregistre la forme émergeante d’une idée, et que les moins « adaptés » ont été éliminés, que les objets dominants peuvent donner l’illusion qu’ils tendaient, dès leur origine, vers une fonction sociale. En d’autres termes, plusieurs croyances peuvent émerger concernant le même objet, ces croyances n’apparaissent pas totalement au hasard puisque l’imagination humaine est limitée et partiellement structurée, mais du moins ne sont-elles pas orientées a priori vers une fonction sociale. Ensuite, elles sont comme des produits qui se proposent sur un marché : livrées à la concurrence. La sélection fait alors son office, certains disparaissent, d’autres « survivent ». À ce stade, les énoncés ne sont pas toujours arrivés à maturité et plusieurs processus sont possibles qui peuvent les transformer [...] La confirmation : la croyance apparaît initialement sous une forme performante, elle ne subit aucune transformation notable ; L’hybridation : deux produits concurrentiels fusionnent et produisent une nouvelle croyance ; L’élimination : Un produit apparaît, puis disparaît simplement parce qu’il cesse d’être cru ou parce que les conditions de sa diffusion ne sont pas réunies ; La mutation : un produit se transforme, par adjonction ou amputation d’un ou de plusieurs éléments.
Les expérimentations
Pour mieux faire comprendre comment peut se produire le processus de sélection sur le marché cognitif, j’ai mené trois expérimentations qui tentent de décrire le genre de tâtonnements cognitifs qui précèdent l’émergence de certaines rumeurs. [...]

  • In Chateauraynaud, F. -2007). La contrainte argumentative. Les formes de l’argumentation entre cadres délibératifs et puissances d’expression politiques. Revue européenne des sciences sociales 136, 129-131.
  • Les thèmes du débat et de la délibération, comme ceux de la controverse et de la critique sont aujourd’hui au centre de nombreux travaux. Cet intérêt pour les formes concrètes d’exercice de la démocratie est lié à la prolifération des arènes, fondées sur des procédures délibératives plus ou moins routinisées, qui donnent lieu à de multiples débats sur les débats, d’autant plus animés que cette prolifération se double d’un recours intensif aux technologies de l’information et de la communication. La démocratie électronique fait partie des mots d’ordre qui ont émergé ces dernières années sans que l’on puisse encore apprécier réellement l’impact des usages de l’internet sur la manière d’organiser les débats. Dans ce texte, je propose d’attaquer la double question de l’apport politique et cognitif des formes contemporaines de débat en essayant de surmonter la tension récurrente entre deux sociologies. D’un côté une sociologie cynique, expression qui n’a ici aucune visée péjorative et qui désigne la réduction des débats comme l’instanciation de rapports de force entre des acteurs dotés de stratégies plus ou moins explicites ; de l’autre, une sociologie morale qui fait de la discussion, de la justification et de l’accord les médiations décisives à partir desquelles s’établissent l’intérêt et la valeur de toute délibération publique. On objectera volontiers qu’une troisième voie existe déjà sous la forme d’une sociologie des acteurs réseaux, pour laquelle les débats tendent de plus en plus à s’organiser comme autant de « forums hybrides ». Si l’ouverture des controverses et des forums à des acteurs hétérogènes introduit bien des figures nouvelles dans l’espace des prises de parole publiques, le paradigme du « réseau » sur lequel elle repose n’aide pas à clarifier les processus en oeuvre et fait courir le risque de confusions multiples. De quelles logiques de réseau parle-t-on? Le paradigme du « réseau » permet d’associer à peu de frais des dispositifs et des processus qui n’ont pas les mêmes contraintes et les mêmes enjeux: tout ne se connecte pas à tout ; il y a des temporalités différentes ; et les controverses apparaissent comme des opérateurs de mise à l’épreuve des connexions, à la croisée de rapports de force et de rapports de légitimités. D’autre part, ledit «monde en réseau » a vu se reconstituer, avec une intensification spectaculaire après les manifestations anti-OMC de Seattle à la fin de l’année 1999, une opposition, conçue souvent de façon manichéenne, entre « néolibéraux » et « altermondialistes ». Quels rôles jouent les débats et les controverses dans cette configuration critique? Ne sont-ils que des instruments de mesure des forces et des points de légitimité, ou jouissent-ils d’une relative autonomie? Vu depuis les grandes causes ou les grands enjeux, chaque discussion ou délibération paraît locale. Inversement, lorsqu’on se place à l’intérieur des procédures délibératives, dont la normativité n’a cessé de s’affirmer, on traite spontanément les grands acteurs (gouvernements, partis politiques, syndicats, industriels, associations et coordinations…) sous l’angle de leurs stratégies d’instrumentalisation des débats.
  • Pour clarifier quelque peu les enjeux et proposer un cadre d’analyse ouvert à la pluralité des formes d’expression du désaccord, une autre voie est possible: celle d’un sociologie pragmatique des transformations, permettant de cerner ce qu’ajoute, retire, modifie ou consolide le recours au débat public dans des processus sociaux appréhendés sur la longue durée. En effet, comme la figure qui prend forme sur un fond, tout débat gagne à être replacé dans des séries d’épreuves ou de confrontations plus larges. Lorsqu’un débat est saisi pour lui-même, on court le risque de produire des catégories de description et d’analyse trop abstraites. En saisissant les formes « débat public », « controverse», ou « forum social» par référence à des séries d’épreuves qui les précèdent, les prolongent, les débordent ou les dépassent, on peut regarder les processus par lesquels un débat ou une controverse est rendu nécessaire, précisément en l’absence de procédure obligatoire ; on peut ensuite interroger l’impact ou les conséquences du débat sur des milieux, des dispositifs, des représentations, au-delà des aspects purement formels relatifs à la procédure de délibération elle-même; dans le même mouvement, on peut regarder ce qui n’entre pas dans le débat et donne lieu à des traitements alternatifs ou parallèles ; enfin, il est possible d’identifier ce qui fait précédent et ce qui continue à peser sur les actions et les jugements dans la longue durée. [...]

Le titre : Le titre est un élément informatif important ; son choix est soumis à des contradictoires : être informatif, précis (par rapport à ce qui a réellement été réalisé) et concis (une ligne de préference).

Le résumé, en français et, si possible, en anglais : Le résumé sera placé en quatrième de couverture du mémoire, mais aussi au début du mémoire, en regard du sommaire, afin de pouvoir saisir apidement la cohérence de l'ensemble du travail. Il sera suivi d’une liste de 4 à 6 mots clés, assez généraux appartenant au thésaurus européen des systèmes éducatifs, le tout occupant au plus une page. Pour le rédiger, essayez de vous mettre à la place d’un lecteur ayant des lumières sur la didactique, l’histoire des sciences, l’épistémologie ou la médiation des sciences, mais ignorant tout de vos travaux et qui  désirerait en avoir une idée précise afin de savoir s’il se lance dans une lecture plus approfondie. Donner donc deux ou trois idées clés sur l'apport de votre enquête, après avoir présenté la problématique et la méthode, et en terminant sur les limites et les perspectives à donner à votre travail.

résumé de six à huit lignes, d’une série de quatre à six mots-clés

Bibliographie : La présentation suivante est recommandée :

  • Pour un article, c’est le nom de la revue qui est en italique, alors que pour un livre c’est son titre.
  • La date est indiquée après le nom de l’auteur. Elle correspond à la date de la première parution du texte,
  • Une date peut apparaitre à la fin du référencement, et correspond alors à la date de l’édition consultée, si elle est différente de la première parution.
  • Quand un même auteur est cité pour plusieurs écrits dans la même année, on les classe avec des lettres dans le texte du mémoire et dans la bibliographie (ex.: Wolfs 1980a, Wolfs 1980b, etc.).
  • Dans le corps du texte du mémoire, les références se font sous la forme : "dans des travaux récents (Mathusalem, 2015) ..." ou bien "Nochau (1985b) montre que".
  • Pour les références prises sur internet (éviter toute inflation en la matière), donner l’adresse exacte du site et la date de consultation.

MODALITES D'EVALUATION
Consignes officielles pour l'année 2017-2018, Master Recherche
(fichier pdf, 2 pages)

La soutenance : la constitution du jury est sous la responsabilité du directeur de mémoire mais elle peut être co-construite avec l'étudiant en fonction de critères de compétences scientifiques sur le sujet traité. C’est également lui qui doit fixer la date de soutenance, en général aux alentours du 25 juin. La durée de l’exposé de soutenance est fixée à 20 minutes, à laquelle s'ajoutent les questions du jury (20 à 30 minutes en général).

Pour la première session, le mémoire doit être soutenu avant le jury de la fin juin. Le mémoire doit être remis au jury au minimum 10 jours avant la date de soutenance. Ces dates sont impératives pour les étudiants qui souhaitent solliciter une allocation doctorale de recherche.
Pour la seconde session, la date de soutenance orale est fixée durant les 3 premières semaines de septembre, le mémoire doit être remis au jury au minimum 10 jours avant la date de soutenance.

OUVRAGES ET ARTICLES SUR LES METHODES DE RECHERCHE
merci à Guillaume LAIGLE pour sa précieuse contribution

  • Lindsay, D., Poindron, P. (2011). Guide de rédaction scientifique. Versailles, France: Editions Quæ.
  • Bardin L. (2007) L’analyse de contenu. Paris : Quadrige / PUF.
  • Beaud, S. & Weber, F. (2010). Guide de l’enquête de terrain. Paris : La Découverte.
  • Becker, H. (2002). Les Ficelles du métier. Comment conduire sa recherche en sciences sociales. Paris : La Découverte.
  • Bourdieu, P. (1993). Comprendre. La situation d’enquête et ses effets. In P. Bourdieu (dir.), La misère du Monde (pp.1391-1447). Paris: Éditions du Seuil.
  • Cefaï, D. (2003). L'enquête de terrain. Paris : La Découverte.
  • De Cheveigné, S. (1997). La science médiatisée. Les contradictions des scientifiques. Hermès, 21, 121-133.
  • De Cheveigné, S. (2000). Annexe 1 : Méthodes. In S. De Cheveigné, L'environnement dans les journaux télévisés (pp.123-132). Paris : CNRS Éditions.
  • De Singly, F. (2016). Le questionnaire. Collections 128, Editions Armand Colin.
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BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE